Préambule
Cette chronique sera mise à jour au fil de l’actualité
Catherine Gallou
La crise financière et économique internationale ravive la compétition des docteurs miracles
et les batailles électoralistes de pré campagne dans le camp populiste principalement mais
aussi ailleurs.
Que certains n’apprécient pas le Président de la République
actuel est une chose mais que sous le
couvert et au prétexte de la crise, il
ou elle participe à déstabiliser le pays en est une autre. Il y a des moments où il faut raison garder
et contribuer aux solutions collectives
Cet été j’ai écouté les promesses de certains et
certaines qui se reconnaitront dans
l’analyse qui suit mais en en même temps j’ai
pu discerner passé le coté de
certain tonton ou tata flingueur quelques convergences
Avec un peu de bon sens et de recul, on voit se dessiner des
convergences autour de problématiques communes qui si elles pouvaient dépasser
les batailles de clans permettraient de nous rassembler dans un esprit
constructif pour ce pays et comme le disait cet été, Jean Arthuis et Valérie Giscard d’Estaing (article du Nouvel Observateur 27/07/11), il
semble important de trouver des solutions qui regardent vers l’avenir en
oubliant les combats à court terme. Fort heureusement au de-là des batailles d’ego, nous trouvons des
personnalités qui réfléchissent en élargissant le cercle .
Politique européenne
Revenir aux fondamentaux en matière de
politique Européenne avec un territoire défini donc Européen et reposant sur les grands principes qui sont
l’économie, les aménagements structurels, la politique industrielle, une
politique sociale et fiscale et des
frontières et laissant les aspects
réglementaires aux seuls pays. L’Europe veut légiférer sur tout mais en oublie l’essentiel qui est la construction d’un projet et le
rôle de stratège, si nous prenons le cas
de la Grèce, l’encadrement des crédits et subventions ainsi que l’aide à la mise en œuvre d’une politique
fiscale étaient nécessaires, cela n’a
pas été fait.
La dérégulation voulue par Monsieur Pascal Lamy s’est faite
pour certains domaines d’activité au détriment de la construction d’une
politique industrielle européenne et d’un service public européen, très
intéressant qu’un homme de gauche ait pu mener une politique aussi ultra
libérale ! Même les USA protègent leurs industries.
Régulation agricole
Admettre que certains
secteurs comme l’agriculture ont besoin de régulation et que l’autosuffisance
doit être partagée et encouragée y compris dans les pays dit émergents
(Afrique, Asie, Maghreb et Machrek), une
politique agricole plus locale est aussi une politique agricole plus durable et
donc plus proche d’agriculture raisonnée. Cette position est défendue par Bruno
Lemaire et rejoint des positions que l’on retrouve dans des articles d’Alternative
Economique
Finances et équilibre monétaire
La finance pour la finance ne peut être une fin en soit, un
minimum de régulation est nécessaire par
le retour au capitalisme d’industrie (cela comprend les nouvelles technologies et les services de
pointe et l’agriculture), cela suppose un retour à une vision à moyen et long
terme avec des rendements qui se situent dans la durée donc opposés à l’économie de Casino. La vie économique doit retrouver une vision à 25/30
ans où l’on admet par exemple que construire une ligne à grande vitesse ne peut
s’amortir sur le court terme et son rendement se mesure en activités créées et
nombre d’emplois et d’entreprises pas en nombre de voyageurs. Si nos ancêtres
avaient raisonnés ainsi nous n’aurions
ni routes, ni canaux, ni train. Le rôle de l’Etat est d’assurer
l’équilibre entre les 3 échelles de temps Court (moins de 5 ans) , Moyen (5 à 20) et long terme (au de-là), cela doit
se traduire dans une politique prenant en compte ces contraintes.
De même la culture des tableaux de bord avec uniquement des « smileys » de préférences verts doit être remise à sa
place, actuellement les cadres ne peuvent plus annoncer de mauvaises nouvelles,
ils cultivent sous peine de se sentir hors-jeux
le
« tout va bien », il faut revenir à des modes de rémunérations
qui encouragent les alertes et l’analyse
des risques.
La politique monétaire devra revenir dans les négociations
avec probablement un équilibre à définir entre Zone Dollar, Zone Euro (même la
Suisse y pense) et Zone Yuan et Yen car l’Asie sera bien obligée de converger
par nécessité stratégique.
La dette préoccupe les Français voir le sondage publié dans
le journal Sud-ouest du 14 août 2011 en page 2 et 3 et me promenant sur le
marché du Quintaou à Anglet, je pouvais juger dans les commentaires de l'inquiétude
des français, les marchés sont toujours un
terrain intéressant où quand on laisse trainer ses oreilles, on y entend des propos qui sont le reflet des vrais
soucis des français, j’avais entendu les mêmes commentaires sur le marché de
Vire certes plus petit. Facebook et les
réseaux sociaux ne reflètent pas le
soucis de la majorité silencieuse !
Merci à l’article de Gérard Béaur dans journal Le Monde (Dimanche 14 et lundi 15 août 2011) permet de
compléter mon propos et qui de plus tombe à point car j’avais commencé à écrire ce
papier bien avant, au moins mon analyse est partagée ce qui prouve que mon passé d’économètre et d’intervenant dans
les grands groupes permet de garder une
certaine objectivité basée sur les
chiffres et les faits.
Si nous reprenons l’Article d’Gérard Béaur « le long passé de la dette
publique » (historien économiste et
Directeur de recherche au CNRS ) auteur d’une coproduction nommé « La
dette publique dans l’histoire », nous voyons bien que les crises de la dette
publique ont toujours existées et que
les solutions ne sont pas simples.
Mon côté taquin sur
les mariages de nos Rois avec les Médicis est fondé, sous nos Rois qu’ils se
dénomment Philippe, Henri, François ou Louis, les dettes se négociaient par des mariages avec les créanciers de
l’époque ou des cessions de territoires, ainsi ils furent mariés avec les
Médicis, banquiers de la France, dans une précédente crise de la dette. Mais concurremment nous avons eu de la bonne dette permettant l’aménagement de nos voies navigables (canaux)
ou de notre réseau routier et ferroviaire, création d’une forêt gérée et
assainissement des marais (Henri IV, Régence, Napoléon III) alors que nos voisins espagnols gaspillaient
les leurs en autant de Galions (la construction d’un galion égalé 15 hectares
de forêt) et enfin nous avons su développer une recherche agronomique qui donna
la Fraise et la pomme de terre qui n’avaient à l’origine rien à voir avec ce
que nous consommons actuellement, c’est l’hybridation qui a permis la couleur
fraise ou rose de notre fraise grâce à Monsieur Fraisier entre autre.
De tout temps il y a
eu de la bonne et de la mauvaise dette et des Etats impécunieux faisant
faillites émettant des emprunts (emprunt
russe, les Assignats), jouant sur la
planche à billets ou produisant de la monnaie dévaluée par nature car sa valeur marchande ne
reposait plus sur une matière noble comme l’or et n’était plus que ferraille ou
mélange avec un poids différent. La mise sous tutelle du pays se faisant
autrement voir ci-dessus. La bonne dette par contre tel que le bon
cholestérol a permis le développement de ce pays comme de l’Europe. Lorsque
j’étais à l’OCDE la règle était d’exclure les périodes de guerre des séries
longues car elles biaisaient l’analyse tant les finances publiques étaient
mauvaises et donc les données macro aussi.
Sur l’histoire économique et l’histoire du Capital il faut
lire les excellents ouvrages de Angus Maddison et ses analyses sur les séries longues pour
avoir travaillé (OCDE) avec lui lorsqu’il écrivait son livre sur l’histoire économique du capitalisme, il avait une bonne analyse des crises
Certains journalistes
et économistes devraient lire ou relire
ses ouvrages.
http://www.alternatives-economiques.fr/l-economie-mondiale--une-perspective-millenaire-angus-maddison_fr_art_222_25290.html
La crise est mondiale se situe dans la même synchronique que la
crise de 1929 qui avait succédé à celle de 1922, une crise purement financière
au début qui touche l’Allemagne et qui explique pour partie la montée du national-socialisme
et le désir de rigueur budgétaire de nos voisins allemands, il s’ensuit une crise mondiale de 1929 et le fameux jeudi
noir de Wall Street, avec un repli américain isolationniste.
Les monnaies étaient pourtant nationales ainsi que les
banques centrales, nous étions encore sous la domination de la Livre Sterling
et de l’Or comme valeur refuge.
L’Europe dominait encore et avait un empire colonial, et les USA puissance émergente d’alors se
recentrait sur son marché intérieur qui a l’avantage d’être unifié avec déjà un potentiel de plusieurs millions de
consommateurs ce qui explique le succès de Ford à cette époque qui n’avait pas
à se poser la question de la monnaie car il fabriquait pour un marché de la même taille que celui de l’Europe.
La France avait une démographie vieillissante et fort
heureusement les femmes avaient fait leur retour sur le marché du travail,
aussi par obligation car soit veuve ou fille majeure dans un pays en manque
d’hommes. Mais objectivement notre pays en 1939 était plutôt en panne.
(Article du Journal le Figaro sur l’Europe)
Nous risquons dans les prochains mois de voir (ré)
apparaitre
Le retour d’isolationnisme Américain qui comme une seule
armée cherchera à rétablir la situation intérieure quitte à en baver car comme
me le disait un jour un consul de France à Vancouver, les USA ont une capacité
de mobilisation pour un objectif national que l’Europe ni la France n’ont
jamais eu. Les grands groupes américaines commencent déjà à réduire la voilure
afin d’affronter le mauvais et se recentrer sur l’essentiel à savoir produire,
vendre et développer.
La Chine se
développant sur les continents abandonnés par les Américains et les Européens
et devenant la première puissance mondiale en terme de PIB. La zone asiatique et Sud-Américaine sortiront
gagnantes de cet épisode ainsi que les pays qui possèdent des ressources
naturelles. L’émergence de zones à grand marché intérieurs, cohérents et
complémentaire est inévitable car la révolution numérique et le besoin de biens
à bas coût rend la chose incontournable. La dépendance vis-à-vis
d’approvisionnement en énergie ou matériaux rares dicte les règles des alliances.
La Russie se réunifie
en silence et détient la clef de l’énergie vers l’Europe et c’est un pays riche
en matières premières en forte demande comme le titane ou le gaz.
L’Europe au milieu de tout cela pourrait se trouver
démembrée atomisée et devenir un terrain de jeux pour les puissances émergentes
car nous avons un passé qui est à prendre ! Les mouvements indépendantistes sont pro
Européens (Flamands, Catalans, Ecossais
ou Basque) alors que les partis nationaux se disputent entre Pro et Anti
Européens. L’Europe des régions dans le passé
lointain était la règle et la France fut agrégée au cours du temps en un
territoire dont les frontières actuelles sont définitives depuis 1947 (traité de Nice).
L’Allemagne regardera vers l’Est ou le Nord ou l’Asie
L’avenir est au pays
continent et non aux petits pays sauf
sur des marchés de niches.
L’Europe doit enfin réapprendre
à penser Européen et revenir aux grands
principes qui furent une conception stratégique du développement après 1945 et
une distribution des subventions ou
aides sur des objectifs à long terme pas sur des projets spéculatifs.
La France devient un musé avec sa monnaie et sa banque retrouvée mais sans avenir car
on ne prête qu’aux riches et même une
banque nationale doit pouvoir mobiliser des finances sur le marché des capitaux
(cours d’Economie Politique de mes jeunes années). Nous pourrions même perdre
quelques provinces qui tel le Pays Basque ne verrait pas d’intérêt de continuer
et préférerait se réunir avec les provinces basques voisines.
Sortie de l’Euro à parité
égale ? Un peu d’analyse
L’entrée dans l’Euro s’est faite sur la base de 6, 57 Francs pour un 1 Euro et le
baril de pétrole se négociait à
22 dollars le baril et la parité
Euro/Dollar était proche, la Chine consommait peu d’énergie, aujourd’hui le
baril de pétrole a un cours qui se
situe en moyenne à plus de
100 dollars et la Chine consomme plus de
34 % des ressources et enfin les pays se
détournant du nucléaire consomment plus de pétrole qu’avant.
De façon réaliste la conversion Euro vers Franc ne pourrait
se faire qu’au tour de 25 centimes de francs pour 1 euro avec des coûts de
production plus élevé que nos voisins et une baguette toujours au prix de 1,50
euros car la fabrication du pain est dépendante du coût de l’énergie et de main
d’œuvre, est-ce bien cela que nous voulons pour nos concitoyens à savoir un
appauvrissement collectif.
Autre effet immédiat
celait rendrait notre pays moins attractif pour les
investisseurs étrangers qui trouvent dans l’Euro un grand avantage cela leur
permet d’exporter de France vers la zone
Euro, cela permet des économies d’échelles car diminuant les frais de gestion et l’Euro est une monnaie qui se
négocie sur le marché international car elle reste une monnaie rare.
Nos exportations principales vont vers la zone Euro, les
entreprises françaises devraient de fait alourdir de nouveau leur gestion par
la double facturation et remettre en place
des coûts de structures, or nous avons besoin d’exporter au moins 60 %
de ce que nous produisons pour maintenir notre niveau de vie.
Le tourisme
participant aux exportations au
titre du revenu dit invisible serait mis
à mal car nous sommes le pays qui a le
plus transit entre Nord et Sud en Europe et le touriste aime voyager en Euro et
en dollar sans se préoccuper des changes.
L’illusion de la dévaluation si chère à notre championne de
la droite de la droite est basée sur une mauvaise analyse des échanges économiques. Pour produire nous
devons importer des matières premières et de l’énergie, notre électricité participe à une partie de notre indépendance
mais en rien aux échanges. Les plastiques
fortement utilisés sont basés sur le pétrole, les matériaux de base
transitent par la mer et donc dépendent de cargo qui utilisent du pétrole,
et nos approvisionnements en gaz sont dépendants de la Russie ou de l’Algérie.
Bref la France n’a pas de matières premières permettant l’indépendance et l’isolement, nous ne sommes
pas canadiens !
Quand le Général de Gaulle a dévalué le franc (100 franc
devenant 1 franc), notre économie était encore très rurale et agricole, nos
principales exportations se situaient dans ce
domaine et nous avions une industrie. L’eau courante et l’usage intensif
de l’électricité était encore réservé
aux seuls citadins et nous étions dans
la dynamique des Trentes Glorieuses avec des retraites pesant très faiblement
sur notre économie, retraite à 65 ans mortalité 75ans et tout le monde n’était
pas éligible donc les enfants assuraient encore le maintien à domicile des
parents et les parents dictaient en
mileu rural leurs lois, on vivait chez les parents ou beaux-parents !
(voir table de mortalité sur le site de l'INED)
Banque de France battant monnaie et contractant l’emprunt ? Sans contrainte ?
La Banque de France se trouverait dans la même situation que
France Trésor actuellement à savoir devoir emprunter sur le marché des
capitaux. La Banque de France même dans le passé empruntait de l’argent, la
France a toujours eu recours à l’emprunt. Un pays qui ne paye pas ses dettes ne
trouvent de prêteurs, et donc ne paye plus ses retraites et n’assure plus de prestations sociales, ce
fut le cas de l’Argentine où la population a durement souffert de sa
banqueroute, fouiller les poubelles de Buenos Aires pour se nourrir peut
devenir fouiller les poubelles de Paris.
Par ailleurs la fuite des capitaux français vers les pays
comme la Suisse serait inexorable.
Battre monnaie n’est pas
une simple histoire d’imprimeur ou de fonderie, les Etats Unis en font
la dure expérience actuellement car plus ils émettent des dollars moins leur
économie est crédible. La rareté de l’Euro a expliqué sa bonne tenue
durant ces dernières idem pour le franc
suisse. La France n’est pas la Suisse où
la stabilité est une règle, le pays est toujours aux 41 heures/ semaine et la
retraite est à 67 ans.
Si on résume notre
candidate de la droite de la droite veut appauvrir ce pays, mais ce qui est
grave c’est de faire miroiter à nos concitoyens que les miracles existent en matière monétaire et en gestion de dettes.
La France repart dans le tout Etat et nationalise les
intérêts dits nationaux comme les banques ou les entreprises, cela est
finalement très proche de la proposition ci-dessus. Les nationalisations au sortir de la guerre étaient compréhensibles car elles
ne concernaient que les secteurs stratégiques lés à la défense du pays à savoir
les transports, la production minière et l’énergie et les entreprises qui
avaient collaborés et de plus comme ces mêmes entreprises étaient
exsangues sur le plan financier cela
permettait de les sauver et le plan Marshall était généreux envers les Etats
pas en financement d’entreprises. En 1981 les nationalisations furent purement
dogmatiques et ont couté cher à la nation et elles ont entrainés la fuite des
capitaux car à la limite si on
nationalise mieux vaut spolier ! Pas mon point de mon vue mais une
analyse rationnelle, d’autant que quelques années plus tard les mêmes entreprises
furent renégociées et privatisées à grand frais car nous avions déjà besoin de
combler nos déficits.
Le niveau de l’impôt
et des charges en France sont déjà très élevés, à l’inverse des USA ou
même de l’Angleterre qui ont une marche de manœuvre sur ce plan, nous n’en
avons que très peu car nous passons déjà
la moitié de l’année à payer des charges, par contre nous sommes d’accord, les impôts et charges sont mal réparties tant dans le haut de l’assiette que dans le
bas.
Réactions et commentaires pour H1 et H2
La sortie de crise ne
peut être que collective, comme le disait un article du Journal le Figaro,
l’Europe doit cesser de se regarder le nombril.
L’idée selon laquelle la France ayant remontée la ligne
Maginot et vivant sur elle-même est un
pur mensonge, de plus cela ne fut jamais le cas dans notre histoire sauf dans
notre imaginaire, même sous de Gaulle, nous étions déjà dans le cadre du traité
de Rome et le Général qui avait bien compris la situation avait soutenu
favorablement la mise en place de la PAC.
La dette de la France s’est accrue dans les années 1980 tout comme les charges sociales qui ont
doublé entre les années 80, 11% de prélèvement contre 22 % actuellement sur la
part salariée. La dette de la France a une caractéristique c’est principalement
une dette de fonctionnement. La retraite
à soixante
Effectivement la dette s’est encore accrue dans la période récente suite à la crise mais
objectivement tout gouvernement
présent aurait eu du mal à faire autrement et de plus c’était un
héritage.
L’idée selon laquelle, on pourrait sortir
du calcul de la dette les investissements (Economiste du PS et député
Européen, Liêm Hoang
Ngoc)
est sur le fond une bonne idée à condition de pratiquer les mêmes règles que
dans la comptabilité des entreprises à savoir pratiquer des amortissements
différenciés en fonction de la nature de l’investissement. Mais si l’idée est
juste de réduire de façon comptable la dette cela ne peut être un vrai et
d’ailleurs c’est qu’à tenter de faire l’Italie en sous estimant sa dette
réelle.
Quelles dépenses sont
à considérer comme investissements ?
·
Les dépenses d’infrastructures comme les lignes
à grandes vitesses, haut débit, dépenses de R&D liées à la recherche sont
des dépenses utiles
·
Sont exclus par définition les dépenses de fonctionnement
et les dépenses qui ne présentent pas de retour sur investissements clairement
identifié par exemple les ronds-points
·
Que faire des monuments historiques ? qui
participent aux revenus invisibles via le Tourisme mais quelle base comptable
choisir ?
·
Par contre on peut aussi évaluer le parc
immobilier de l’Etat et le valoriser dans les comptes comme cela est fait pour
les compagnies d’assurances qui ont une obligation d’avoir des biens
immobiliers en garantie et peut-être au lieu de les vendre, pourrait-on les
louer ou les valoriser autrement (immobilier distinct des musés)
Mais pour arriver à cela il faut changer les règles de la
comptabilité nationale qui au passage est une comptabilité internationale car
elle permet de comparer les PIB et PNB entre eux, mais l’idée est à creuser et
d’ailleurs elle est partagée tant à droite qu’à gauche comme piste de réflexion
Il manque dans
l’analyse de la dette, l’évaluation des actifs détenus
Très bonne idée si l’analyse est faite sur une base réaliste
et non électoraliste à savoir si on admet que la ré industrialisation implique
la mise en place de chaîne de fabrication robotisée et non point le retour de
l’emploi ouvrier tel que dans les années 60. La politique industrielle doit
comprendre les industries du numérique et des services associés. Les entreprises
qui ré impatrient ou redéployent leurs activités le font en robotisant les
chaines de fabrication et sur des modèles de production qui n’ont rien à voir
avec le passé et les emplois générés sont de niveaux BAC + 2 en général. Le succès de Zara en partie et le rebond de
Guy Degrenne en France sont dans cette trajectoire, Guy Degrenne suite à
une bonne analyse, produit en France
avec des robots tant de la coutellerie que de la porcelaine (projet en cours),
mais on peut aussi cité un fabricant de chaussettes dans les Vosges etc. L’innovation faisant le reste ces industries
misent sur des livraisons en flux tendu et à la demande, et sur le développement du commercial avec des
investissements permanents dans de nouvelles machines.
Si on regarde l’Inde qui actuellement s’oriente vers l’ingénierie
frugale permettant de mettre à disposition des innovations à portée de budget
des entreprises, pourquoi pas l’Europe
et la France, nos innovations sont trop orientées pour les grandes entreprises.
L’informatisation progresse en France mais nous avons toujours un certain
retard et ce n’est pas toujours un question de coût.
Le retour de
l’industrie ne peut se faire que sur une base d’innovation, de développement de la robotisation et l’adaptation des outils
de production en se servant des nouvelles technologies, cela est aussi vrai
pour l’agriculture raisonnée qui un grand besoin de petits outillages capables
de désherber sans recours aux herbicides et sur l’alliance entre commerce en
ligne et commerce de proximité.
Pour produire un
teeshirt dont le prix de ventes est environ de 20 euros, il faudrait payer l’ouvrier en €
environ 4 euros brut de l’heure même en
faisant de la vente directe, tout le monde n’a pas les moyens d’acheter de
teeshirt de chez Chanel. Donc le teeshirt made in France à prix accessible sera
produit par une machine qui reproduira le geste de l’homme.
Sur le sujet le
présent gouvernement à travers le grand emprunt, grand paris, et la défiscalisation a amorcé la
réorientation.
Capitaliser sur les seules TPE et PME de faible taille, ne nous mènera pas très loin car
contrairement à ce que j’ai entendu, les
TPE /PME ont déjà un impôt sur les bénéfices réduits à savoir 15 % d’IS
pour un bénéfice inférieur à 32 000 euros, et si nous regardons notre parc
de TPE/PME la majorité d’entre-elles sont dans cette fourchette. Par contre le
statut de l’entrepreneur et son régime social
(RSI) demande une réforme en profondeur et un alignement sur le système des autos entrepreneurs, pour
le moment rien n’incite l’entrepreneur à cotiser, il va préférer ou on lui conseillera (le cabinet comptable)
de rester dans les minima sociaux car de toute façon son revenu annuel moyen ne
dépasse pas 16 000 euros, payer l’IS
à 15 % est plus intéressant que les charges sociales à 50 % car même
avec la CSG à 8 %, cela ne fait que 15+8 = 23 % au lieu de 50 %. La Tva à 5,5 %
est une déjà une Tva sociale puisque par le jeux des écritures comptables entre
ventes et achats, l’entrepreneur n’acquitte pas de TVA et obtient souvent un
remboursement (rappel du mécanisme 19,6
% (achats) et 5,5 % sur ventes
soit un gain de 10 % ). A l’inverse les charges sociales sur le travail salarié étant
lourde, il hésitera à embaucher au de-là du SMIC. L’optimisation fiscale et
sociale est devenue la règle dans certains
secteurs pour les TPE et on peut les comprendre.
En résumé nos PME ne cherchent pas à croitre car toute
croissance implique un alourdissement des charges et par ailleurs les PME
françaises n’ont pas les financements ou le cadre permettant de croître comme
les PME allemandes ou Américaines, la chaîne de la valeur industrielle en
France est conçue de façon féodale, on
ne peut être que sous-traitant et non
partenaire. Investir dans
l’outillage ou les R&D est plus contraignant que dans les services.
Coté grand groupe nous retrouvons finalement le même mécanisme de dissuasion à la création
d’emplois plus cette fois par manque de flexibilité, il est plus facile
d’embaucher que de débaucher, les 35 heures et le statut cadre alors que la
majorité des postes de cadre n’implique aucune fonction d’encadrement participent
largement au recours systématique à la
sous-traitance à qui il est sous-traité
principalement le risque lié à la gestion des personnels, le
plateau de la Défense est exemplaire,
les grands groupes présents appliquent la règle des 30/70 à savoir 30 %
d’internes pour 70 % de sourcing basé sur
les enchères inversées et pas de réel directive de pilotage concernant
les ressources présentes contrairement à l’Allemagne. En France le
sous-traitant n’est pas impliqué ou accompagné dans sa gestion des ressources
humaines et par ailleurs la régie largement pratiquée n’a pas de reconnaissance.
Notre chance en tant que pays est d’être reconnu dans certains domaines de
compétence mais là encore nous n’avons pas créé les filières de formation
adéquate ni même les incitations contraignantes permettant de former dans un secteur
plutôt qu’un autre.
Enfin la cotation en bourse induit une spirale de
rentabilité à court-terme alors que par définition ces groupes ont besoin de
regarder sur le moyen et long terme et de participer au développement
structurel de l’économie et d’ailleurs
c’est ainsi qu’ils peuvent permettre à des PME de naître et de se développer.
Les grands groupes sont victimes du
court-terme.
Par contre on peut observer que les grands groupes dits
familiaux résistent en général mieux aux aléas et même s’ils sont soumis aux
mêmes contraintes que les autres, ils sont mieux en capacité de décider de la répartition des
bénéfices, ceci est vrai aux USA (Apple,
Microsoft ont été bâti sur un modèle familial aux sens associés solidaires) et
en Allemagne (BMW, Daimler etc), en chine dont les entreprises sont des
sociétés familiales ou liées au pouvoir, en Inde > les TATAS etc.
Donc l’opposition
grand groupe / PME est un faux problème
Promettre à des
populations déjà fragilisées que par un coup de baguette magique, elles pourront
retravailler en usine est une imposture, cela est aussi vrai voire plus pour
les emplois administratifs.
Mais une politique
industrielle est une nécessité et tout
contributeur réaliste sur le sujet du redéploiement
de nos industries est bienvenu car il est nécessaire de retrouver un équilibre
économique et de sortir d’une économie
basée sur les services et trop
dépendantes des importations
Il est temps de remettre à plat la chaîne de la valeur
industrielle et de revoir les mécanismes du contrat de travail, des statuts et
des seuils de cotisations, de promouvoir le retour d’un capitalisme familial au sens famille d’associés ou associatif avec
des actionnaires durablement impliqués dans le devenir des entreprises.
Maintenant l’industrie nationale aura besoin du marché
européen à minima pour se développer et
de capitaux européens et nous manquons de
PME de 1000 à 5000 personnes, nous avons trop misé sur des marchés de
gros équipements, il faut diversifier notre production et revenir à produire
des biens de consommations de base.
si nous avons des immigrants c’est principalement parce que
dans les années 60 et début 70 nous n’avons pas pris la mesure du changement technologique nécessaire
dans l’industrie automobile
principalement, nous avons accumulé du retard dans ce domaine, ce qui ne fut pas le cas
dans l’aéronautique car ce secteur étant soumis aux normes internationales de
production, il a été obligé
d’automatiser la production et mettre en place le concept de Maîtrise d’œuvre
de bout en bout pour être conforme aux normes ATA. Ensuite le choix fut dans les années fin 50 et
60 ans de ne pas encourager le retour de la main d’œuvre féminine, ce
qui a été une erreur car quelques années plus tard les femmes prenaient le
chemin de l’emploi d’elles-mêmes, le commissariat au plan de l’époque avait
écarté cette option alors que le marché de l’emploi industriel montrait des
tensions.
Donc notre immigration récente post année 60, puisque c’est
en fait le fond du débat est la résultante de mauvais choix mais avec de bonnes
intentions pour les femmes et un besoin pour les syndicats de garder des forces
syndiquées et les robots ne syndiquent pas
comme me l’a dit un équipementier hollandais fabriquant les planches de bord de
voiture allemandes.
L’emploi français implique par ailleurs une autre gestion du retour à l’emploi à savoir
l’obligation d’accepter un emploi lorsque l’on est au chômage comme cela se
fait dans les pays nordiques et en Allemagne. Mais là je dis chiche à Marine Le
Pen et à Martine Aubry, car les chômeurs sont autant français que d’origine
immigrée et ce qui est plus grave depuis les années 90s, ils se perpétuent dans
une même famille.
Dans ce domaine une
idée simple serait de proposer le retour à l’emploi systématique à
tout chômeur moyennant une formation
courte et immédiate (ne pas attendre 6 mois ou un an) et un complément égal à
ses droits aux Assedic en cours
de façon à se retrouver à un salaire net identique au précédent sur 2
ans. Dans l’ensemble une personne retrouvant un emploi peu perdre 30 % de son revenu précédent dans
l’immédiat et il faut 2 ans en moyenne pour retrouver le niveau d’avant, le
comblement a l’avantage de permettre un retour à l’emploi sans perte et de cotiser. On peut imaginer un
système de bonus/ malus afin d’accélérer le mécanisme y compris au niveau des
entreprises qui pourraient voir leurs cotisations baissées si elles participent
au mécanisme (cas de la Hollande voir une note que j’avais écrite, il y a un an
reprise d’ailleurs par certains)
Le départ des séniors n’impliquent pas leur remplacement
bien au contraire souvent cela permet une autre organisation voir mes
commentaires ci-dessus sur la politique industrielle y compris dans les
services.
Les séniors qui partent à la retraite
depuis quelques années dans le privé ( on oublie le public) ont des niveaux de retraite sans communes
mesures avec celles de leurs parents et
se retrouvent avec 50 % du dernier salaire net pour les cadres et 80 % pour les
non cadres, si on ajoute les personnes ayant peu cotisé.
L’avenir sera au retour des seniors sur le marché du travail
mais moyennant une autre politique permettant de gagner des points de retraite
même une fois la retraite liquidée pour le moment pour les petites retraites
cela n’encourage que le travail au noir. L’idée des années récentes sur les
services d’aide à la personne va en temps de crise devenir une illusion
perdue ! Les parents à la retraite
seraient une main d’œuvre idéale pour la garde des petits enfants et ou le
remplacement pour les cadres des mamans ou papas en congés maternités. Bref il existe
des mécanismes d’emploi à trouver pour soit garder les seniors actifs soit leur
donner envie de retravailler.
Très bizarrement je pense que cela serait un excellent signal pour les pays en voie de
développement, principalement du sud de la Méditerranée et subsaharien ou
d’Amérique Latine etc. Cela permettrait à ces pays de revisiter leur politique
des naissances et ne plus penser qu’un enfant est un investissement permettant
de nourrir tout le clan en partant à l’étranger, visite dans les iles et vision de l’enfant
porteur de revenu
l’Europe n’est plus l’Eldorado
voir Etude l’OCDE sur
l’immigration et la perte induite pour les PVD
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Catherine Gallou une femme au centre des réalités !
L'Ami Publicc